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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 15:47

 


Traquée par des cohortes de miliciens peints en vert, l’espèce automobile communément appelée 4x4 traverse des moments difficiles. Ses parts de marché fondent encore plus vite que la banquise, mais la déclarer en voie de disparition serait hâtif. L’arrivée prochaine des Toyota Land Cruiser, Volkswagen Touareg et autre Jeep Grand Cherokee, ces grands noms du genre pour l’occasion renouvelés, en témoigne, la résistance s’organise. Et se donne, en attendant que tout ce beau monde débarque, pour chef de file le Land Rover Discovery 4. Un grand cru. La preuve par cet essai.

Par Jean Bourquin

 

 

Land Rover joue sur les mots, ou plutôt, sur les chiffres. Le « 4 » désormais apposé sur le hayon du Discovery laisse en effet supposer qu’il s’agit d’une nouvelle génération de cet emblématique 4x4, la quatrième en l’occurrence. Ce qui n’est pas tout à fait le cas. Sur le fond, le Disco ne change pas.

 


La silhouette, certes restylée, et de belle manière, reste la même, tout comme les dimensions (voir la fiche technique ci-dessous) et la constitution générale du véhicule. Laquelle se résume, pour mémoire, à une structure autoporteuse, une double triangulation tant à l’avant qu’à l’arrière, un amortissement pneumatique faisant varier la garde au sol, une transmission intégrale permanente recourant à un différentiel central Torsen et une gamme de vitesses courte fortement réduite – 1 : 2,93, pour les initiés. Sans oublier le système Terrain Response cher au constructeur, qui paramètre le véhicule – blocages, assistances et gestions en tout genre – en fonction du terrain à parcourir via des modes préétablis que le conducteur sélectionne à l’aide de la commande ad-hoc.

 


Bref, rien de nouveau sous le soleil, du moins en ce qui concerne les fondamentaux. Seulement voilà, il n’est pas non plus question du simple restylage de rigueur à mi-carrière, accompagné de quelques corrections techniques. Land Rover n’a pas fait dans la dentelle. Nouveau diesel, châssis retravaillé, système Terrain Response enrichi, intérieur repensé, le « décrassage » est sévère. Pas de quoi mériter la numérotation « 4 » pour autant, même si, dans les faits, le Disco 3 n’est plus. Autant parler, donc, d’un Disco 3 ½, par souci de précision…

 


En tout bien tout honneur, commençons par ledit diesel. Comme le précédent V6 2.7 de 190 ch – toujours au catalogue -, ce V6 3.0 est le fruit de la collaboration entre les groupes PSA et Ford, ex-propriétaire des marques Jaguar et Land Rover, dorénavant sous la direction du consortium indien Tata. Partant de là, ce diesel équipe des Citroën, des Peugeot, des Jaguar, des Land Rover et, pour l’heure, aucune Ford…

 

Deux turbos – un petit et un gros, le premier ayant pour noble mission de réduire à zéro le creux à bas régime inhérent aux mécaniques Common Rail – et des injecteurs piézo-électriques composent son ordinaire, et le tout délivre 245 ch à 4 000 tr/mn. Plus un couple peu banal, puisqu’il culmine à  600 Nm fournis dès 2 000 tr/mn. Pour information, aucun V6 diesel ne fait preuve d’autant de force.

 


Land Rover, pour sa part, ajoute quelques gri-gris de son cru, histoire d’adapter cette mécanique à un usage tout-terrain intensif. Réglages spécifiques, éléments essentiels renforcés – courroies d’entraînement, démarreur, diverses pompes, etc. - carter d’huile plus profond, système de récupération de l’huile des turbos peaufiné, et voilà le TDV6 3.0 prêt à emmener le Disco au bout du monde.

 

Avec l’art et la manière. Ce diesel de haute volée a, de fait, tout pour plaire. De la souplesse, de l’agrément et de l’énergie à revendre, en gros. Bref, ça enroule et ça ronronne gentiment, sans verser dans la démonstration tapageuse mais sans jamais se montrer mièvre non plus. Les relances sont franches et l’immédiate disponibilité à bas régime permet d’évoluer sur un filet de gaz dans les passages difficiles en tout-terrain. Moralité, le Disco a tiré le gros lot, un diesel qui lui sied à merveille, tant sur la route qu’en dehors.

 


Dans le même genre, la boîte auto à six rapports n’est pas mal non plus, elle qui rétrograde plus souvent qu’à son tour. La preuve d’une grande intelligence. Commande séquentielle – très utile en TT, quand la gamme courte est enclenchée - et mode « S » font bien sûr partie du lot.

 

Une mécanique de ce calibre mérite, évidemment, un châssis en rapport. Très stable, voire en majesté dans sa tenue de cap, le Disco 3 souffrait, pour tout dire, d’une prise de roulis un rien exagérée. A ce sujet, Land Rover n’a pas, là encore, fait dans la demi-mesure. Les deux trains roulants reçoivent de nouvelles bagues, les barres stabilisatrices sont plus grosses, les porte-fusées modifiés permettent d’abaisser de centre de gravité et l’amortissement pneumatique est revu dans le sens de la fermeté, voilà pour l’essentiel.

 


En résulte un engin qui, certes, ne vire pas encore tout à fait à plat – il ne faut pas trop en demander à un 4x4 de cette carrure -, mais jugule ses mouvements de caisse avec autorité. Le plaisir de le conduire, du coup, n’est pas loin, d’autant que la direction est elle aussi repassée sur l’établi. Elle est désormais plus consistante, plus chargée de « feeling », et, surtout, plus directe. Agrémenté d’un freinage puissant, le Disco 4 rejoint dès lors l’élite des 4x4 routiers, ceux qui se distinguent de la masse de leurs congénères par leur dynamisme avéré. Le tout sans altérer le confort de marche, c’est à noter. Pour être franc, la route se laisse plus deviner qu’auparavant, mais le travail de filtration reste remarquable. L’une des qualités cardinales du Discovery, avec son insonorisation très soignée.

 


Juste ce qu’il faut pour savourer à sa juste mesure cet intérieur revu et corrigé dans les grandes largeurs. Pour faire court, la console centrale, désormais inclinée, reçoit deux fois moins de commandes que la précédente, d’où son organisation à la fois simple et intelligente. Pour la petite histoire, la molette du Terrain Response migre devant le levier de vitesses, et tombe de ce fait immédiatement sous la main. Pour le reste, les matériaux utilisés sont à la hauteur du standing affiché, les sièges, redessinés, profitent d’une assise plus longue et la position de conduite s’ajuste au micron près. Dit autrement, il fait bon vivre à bord de cet habitacle unique en son genre, aussi chaleureux qu’un pub écossais. On adore.

 


Et la pratique TT, dans tout ça ? Sans tourner autour du pot, il est ici question d’un extra-terrestre, surdoué dès qu’il s’éloigne du bitume, même si les militants de la cause 4x4 lui reprochent un usage de l’électronique un peu trop immodéré à leur goût. Pas nous. Voir le Disco à la manœuvre est un spectacle jubilatoire, et autant d’aisance, sur les pistes roulantes comme dans les passages à gué, force l’admiration.


Evidemment, Land Rover ne pouvait se contenter de si peu. Le système Terrain Response reçoit dorénavant un cinquième mode, dit « sable », lequel s’ajoute, donc, aux bien nommés « conduite courante », « herbe/gravier/neige », « boue/ornières » et « rochers ». Grosso modo, l’article empêche les roues de patiner lors d’un démarrage sur sol meuble. Effectivement, ça manquait.

J. B.

 

 

Les chiffres clefs

Moteur : 6 cyl. en V, diesel biturbo

Cylindrée : 2 993 cm3

Puissance : 245 ch à 4 000 tr/mn

Couple : 600 Nm à 2 000 tr/mn

Transmission : aux quatre roues + réducteur

Boîte de vitesses : automatique à 6 rapports, commande séquentielle + mode S

Longueur x largeur x hauteur : 4,83 x 2,01 x 1,89 m

Empattement : 2,89 m

Poids : 2 767 kg

0 à 100 km/h : 9,6 s.

Vitesse maxi : 180 km/h

Conso. extra urbaine / urbaine / mixte : 8,3 / 11,2 / 9,3

Rejets de CO2 : 244 g/km

Malus : 1 600 €

 

La gamme

Discovery 4 2.7 TDV6 S : 42 300 €

Discovery 4 3.0 TDV6 SE : 51 350 €

Discovery 4 3.0 TDV6 HSE : 57 900 €

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Published by Jean-Michel Cravy - dans Essais anglaises
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