Ne serait-ce son faciès agressif, acéré comme une lame de couteau, orné d’un blason dont on n’a guère l’habitude dans nos contrées, ce break pourrait passer presque inaperçu. Quasi
anonyme, furtif même. Un aimable outil de transport à mazout juste un peu raffiné ? Erreur ! Un véritable avion de chasse. Que vous n’apercevrez que très furtivement. Mais il vous
faudra faire vite, très vite ! Parce que c’est tout simplement le break de chasse le plus rapide du monde…
Par Jean-Michel Cravy
Cadillac ! Le nom claque comme dans une chanson de Janis Joplin (« Buy me a Cadillac ») ou de Donovan (I’ll buy you a Cadillac, in « Hey Gyp »). Rappelle les grandes heures de gloire de l’automobile américaine de haut luxe (la Fleetwood de 59, l’Eldorado de 64, ou encore la Brougham des années 80/90. Et bien sûr évoque l’Evoq, ce fameux concept car lancé en 1999, qui en avait fait saliver plus d’un. Et a donné son style violemment acéré à la « petite » berline CTS, lancée en 2002.
Dont avait été tirée une version bodybuildée baptisée CTS-V. Je me souviens de l’avoir essayée dans la région de Detroit, dans le Michigan, du côté de l’Ile Notre Dame pour ceux qui connaissent. Les 400 chevaux grondants du V8 qui déboulaient rudement sur les roues arrière, ce fut un grand souvenir de patinage artistique sur la neige. C’était en janvier 2004 je crois.
Depuis, la
nouvelle génération de CTS-V, lancée fin 2007, affichait une allure encore plus agressive et extravertie, et c’est dans cette livrée qui n’a pas pris une ride (et en trois carrosseries :
berline, coupé et break - pardon Sport Wagon !-) qu’elle tente une nouvelle percée en Europe, après quelques tentatives jusqu’ici peu couronnées de succès.
Dans l’intervalle le moulin, lui, a pris de l’étoffe. Méchamment ! Le V8, emprunté à une certaine Corvette, est progressivement passé de 5,7 à 6 litres, puis 6,2 litres. Et pour corser le tout, a été gavé aux anabolisants avec un compresseur volumétrique Eaton. Avec pour résultat la bagatelle de 564 chevaux, et 747 Nm de couple par-dessus le marché. Ce qui en fait la Cadillac la plus puissante de l’histoire de la marque. Ça cause, non ? Oh oui, ça cause !
Faute de temps pour essayer
toute la gamme, nous avons d’abord jeté notre dévolu sur la version Sport Wagon, sans doute la plus susceptible d’intéresser un public européen, et avec une bonne vieille boîte auto 6 rapports à
convertisseur de couple type Hydra-Matic, parce qu’il semble que c’est bien l’esprit de la voiture « à l’américaine », surtout qu’il y a du couple à tous les étages.
Un grand break qui fait ses 4,87 mètres de long (de la taille donc d’une BMW Série 5 Touring ou d’une Mercedes Classe E break), aux lignes tendues et élégantes mais qui paraîtraient presque
anonymes, ne serait-ce ce faciès acéré et ces immenses feux en forme de sabres rouge sang qui montent la garde de part et d’autre du hayon.
Pour un peu, choisie dans une teinte gris sombre, on n’y prêterait guère attention. Imaginez la tête du propriétaire de sa rutilante Ferrari s’étant rangé distraitement à vos côtés au feu rouge,
fier comme un bar-tabac, sans même vous jeter un regard… et qui se fait littéralement déposer au vert, sans avoir compris ce qui lui arrive. Vert de rage !
Oui parce
que ce break – presque – discret se paye le luxe d’abattre son 0 à 100 km/h (en dehors de la ville, ça va de soi !) en 4,1 secondes. Une fusée !
Le tout sans avoir à changer de
vitesses, puisque la boîte auto fait tout le boulot - certes sans zèle excessif - et en profitant de l’ambiance raffinée qui règne à bord (coiffe de planche de bord et panneaux de portes gainés
de cuir surpiqué, parements alu sur fond de laque noire), bien calé dans un siège Recaro (en cuir, naturellement) aux multiples réglages qui permettent de se faire une position aux petits
oignons, en écoutant à fond le système audio Bose Surround...
Et pour
stopper la diabolique envolée vers l’horizon d’un engin qui pèse quand même ses deux tonnes, pas de souci, il y a ce qu’il faut. Des gros disques Brembo (380 mm à étriers 6 pistons à l’avant, 373
mm à 4 pistons sur l’arrière) qui s’exposent orgueilleusement derrière de rutilantes jantes de 19 pouces chaussées de pneus haute performance (des Michelin Pilot Sport 2) de taille conséquente,
et différenciée entre l’avant et l’arrière, la marque des vraies sportives : 255/40 ZR 19 devant, 285/35 ZR 19 derrière. Oui, ça freine bien, et fort, et ça participe largement au plaisir de
se sentir au volant d’un engin d’exception, digne d’une super sportive, sous des dehors d’aimable « taxi ».
Mais ce n’est pas tout. La vraie découverte du caractère diabolique de la CTS-V, on l’a faite au volant d’une version Sport Wagon toujours, mais à boîte manuelle. Une Tremec à double
embrayage, à 6 rapports là aussi. On nous dira « à quoi ça sert une boîte manuelle dans une ricaine qui dispose d’une telle puissance et un tel couple ? ». C’est ce qu’on s’était
dit aussi. Avant de l’essayer… C’est simple : cette boîte, à la commande très ferme mais très bien guidée, magnifie littéralement le caractère violent du gros V8 « small block »
tout alu au grondement impressionnant, suralimenté par son compresseur. Elle incite vraiment à la grosse attaque et à exploiter tout le potentiel de cette auto hors normes. Et permet de mettre en
valeur les belles qualités d’un châssis à la suspension pilotée de type « Magnetic Ride » (double triangulation à l’avant, multibras à l’arrière).
Ah certes,
pour tirer toute la substantifique moelle d’une telle pompe à feu,
quelle que
soit sa carrosserie, berline, coupé ou break, il faut avoir toutes les qualifs d’un pilote de chasse.
Parce que 564 chevaux sur les seules roues arrière, il faut savoir s’en occuper, surtout sur du gras-mouillé, et tirer le meilleur parti du différentiel à glissement limité dont cette CTS-V
est dotée. Mais quel pied, au sortir d’un petit gasthaus roboratif, de se retrouver en une poignée de secondes à plus de 280 sur une sinueuse (et déserte !) petite route de la campagne
germanique ! D’accord, ce n’est pas très raisonnable, même à la frontière de l’ex RDA, là où s’échangeaient les espions de l’Est et de l’Ouest, sur le pont de Potsdam… Mais quand on a goûté
à ça, on ne s’en lasse plus, et on en redemande encore et encore… Parce que c’est Top gun à chaque accélération. Parce que tout va bien ensemble : le moteur, la boîte, les freins, le
châssis, parfaitement homogène.
Et vous savez quoi ? Alors la CTS-V en boîte auto se contente d’un petit (si l’on peut dire…) 282 km/h en pointe, la même en boîte méca passe largement la barre symbolique des 300. 308
km/h exactement. Et j’ai vérifié : ça le fait. Vraiment ! Sur autoroute allemande, ça va de soi, là où la vitesse n’est pas encore hors la loi, comme là où vous savez… Difficile après
ça de sortir le train d’atterrissage de cet infernal avion furtif et de redescendre sur terre.
Justement, puisqu’on en revient à des considérations plus terre à terre, notons qu’il faut compter sur une consommation moyenne « officielle » de 14,4 l/100 (mais en réalité très largement supérieure à 20 litres, voire beaucoup plus si l’on a le pied un petit peu lourd) et des émissions de CO2 de 336 g/km qui vous vaudront la peine maximale en terme de malus écolo.
Et alors, c’est quoi le problème ? Les tarifs d’une Cadillac CTS-V, quelle que soit la carrosserie (berline 3 volumes, break Sport Wagon, Coupé) tournent entre 80 000 et 84 000 €.
Avec, comme il se doit, un équipement « full » de série (phares au xénon orientables, radars de recul avec caméra, démarrage sans clé, GPS embarqué et on en oublie). Cherchez
bien : pour des tarifs de cet ordre là, et avec des performances de ce niveau là, il n’y a rien de comparable. Surtout pas dans la production européenne. Ou alors il faut remettre au minimum
50 % de plus sur le tapis ! Pas besoin de vous faire un dessin : nous, si on en avait les moyens, on achète. Les yeux fermés, les yeux grand ouverts…
J.-M. C.
Cadillac CTS-V
La technique
Dimensions (L/l/h) : 4,81/1 ,88/1,42 m
Empattement : 2,88 m
Poids : 2040 kg
Volume du coffre : 344/720 dm3
Moteur : V8 32 soupapes
Cylindrée : 6 162 cm2
Suralimentation : compresseur volumétrique Eaton
Puissance : 564 ch à 6 100 tr/mn
Couple : 747 Nm à 3 800 tr/mn
Transmission : aux roues arrière
Boîte : automatique ou manuelle 6 rapports
0 à 100 km/h : 4,1 secondes
Vitesse maxi : 282 km/h (boîte auto), 308 km/h (boîte manuelle)
Consommation normalisée : 14,4 l/100
Emission de CO2 : 336 g/km
Les
tarifs
CTS-V Sedan (berline trois volumes,) : 80 473 €
CTS-V Sport Wagon (break, boîte manuelle ou auto) : 82 986 €
CTS-V Coupé (boîte manuelle ou auto) : 84 132 €
Cet article vous est proposé en partenariat avec les rubriques
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Comme
j’ai été – presque ! – sage toute l’année, j’ai trouvé dans mes souliers au pied du sapin la clé de la voiture de mes rêves, celle qui m’a tant fait saliver dans Transformers,
l’interprétation moderne des « american muscle cars » d’antan : une Chevrolet Camaro coupé. Jaune. Merci, père Noël ! Mais comme elle est même pas chère (40 000 € à peine), je
voudrais aussi trouver dans mes cadeaux du 1er janvier… la même en version convertible. Blanche, si possible. Quoi, je suis trop gourmand ? Ben oui, mais un gros V8 bourré de
bourrins, ça donne un appétit d’ogre…
Et
puis dans les années 2000, Ford, encore lui, eut l’idée géniale de revenir aux sources avec une Mustang moderne, mais revenant enfin aux sources, après maintes générations de pâles resucées…
Aussitôt, le succès. De nouveau ! Qu’à cela ne tienne : la GM n’hésita pas à (re)copier la bonne recette du pionnier en lançant à son tour sa propre interprétation moderne de la Camaro
des origines, dans le plus pur style « revival », également illustré par la Dodge Challenger, avec un succès conséquent : il s’en est diffusé aux States plus de 80 000 exemplaires
l’an dernier. Il faut dire que les tarifs là-bas ont de quoi faire saliver : 22 800 dollars en V6, 31 000 dollars en V8, soit à peine 23 000 euros d’ici !
Mais alors que la Mustang et la Challenger ne sont importées (au compte-gouttes et au prix fort) que par des opérateurs privés, GM France a fait le pari un peu fou d’importer régulièrement
sa Camaro, un peu plus de trois ans après son lancement aux Etats Unis. Avec une unique motorisation, le V8 culbuté 6,2 litres à deux soupapes par cylindre type LS3 emprunté à une certaine…
Corvette. Et deux modes de transmission, une boîte auto ou une boîte manuelle, à six rapports l’une et l’autre. Dans le premier cas, le small block titre 405 chevaux, dans le second, il en
affiche carrément 27 de plus !
Et en deux types
de carrosseries, coupé ou convertible, aussi désirable l’une que l’autre. On veut les deux ! Au pays des européennes aérodynamiquement policées, qui ont tendance à toutes se ressembler à
force de fréquenter les mêmes souffleries, l’américaine en jette un max. Loin des basses préoccupations de coefficient de pénétration dans l’air et de traînée, la Camaro, c’est du brut de
décoffrage.
Faut
reconnaître, c’est du brutal, comme dirait Blier dans les Tontons flingueurs. Carrure carrée, regard méchant, énorme bossage de capot souligné de peintures de guerre noires mates, ailes
copieusement renflées pour recevoir de grosses roues de 20 pouces (chaussées de 245/45 à l’avant et de 275/40 à l’arrière), poupe taillée au cutter : la ricaine étonne et détonne dans le
doux paysage de cette bonne vielle Europe.

Dedans, la Camaro est tout aussi impressionnante. Pas par sa finition très « américaine », c’est-à-dire faite de plastiques bon marché, mais par sa présentation extravertie :
gros compteurs « à l’ancienne » cernés de parements façon chrome, gros tunnel de transmission qui sépare nettement les sièges cuir, flanqué de quatre petits cadrans dont on a perdu
l’habitude depuis bien longtemps, renseignant sur la pression et la température d’huile et d’eau, et même un voltmètre… Bref, question décorum pour mettre dans l’ambiance, on n’est pas volé sur
la marchandise.
Et alors ? A vivre et à conduire, qu’est ce que ça donne ? Nous, on a d’abord commencé à prendre en main une convertible à boîte auto, parce qu’elle est bien dans l’esprit
« cruising californien », tel qu’on l’imaginerait sur Sunset Boulevard… ou la Promenade des Anglais. Le gros « small block » (vous avez dit paradoxe ?) s’ébroue
gentiment, glougloute discrètement (un peu trop à notre goût) au feu rouge, puis grimpe ses régimes de manière très linéaire, dans une poussée continue, contenue mais bien réelle. Ça pousse, oui,
bien fort, pour une auto de ce prix (46 000 €, cherchez bien, vous ne trouverez pas grand chose ailleurs qui soit comparable) : 5,6 secondes pour passer de 0 à 100 km/h.
Mais l’esprit de ce gros cabriolet quatre places (à capote électrique, ça va de soi) très lourd (1 920 kg avec cette boîte automatique !) incite plutôt à rouler sur le couple,
surabondant (556 Nm), coude à la portière. Voire même à s’amuser à réduire une consommation qui, contrairement à des craintes bien légitimes, n’est pas si gargantuesque que ça si l’on prend soin
de chercher la désactivation d’un des deux bancs de cylindres en roulant à faible charge. Le cycle mixte annonce à peine plus de 13 litres aux 100, mais compter quand même une bonne quinzaine de
litres en utilisation « cool »…
Le
coupé, lui, nous avons choisi de l’essayer avec la boîte manuelle, histoire de bien faire le tour de la question, mais sans grande illusion, tant elle paraît a priori un peu déplacée sur une
« sportive » à la sauce yankee. Et il faut avouer que ce fut une très bonne surprise. La commande de boîte est virile à souhait, mais parfaitement guidée. Pas très apte, certes, aux
violents passages à la volée, mais se mariant parfaitement au caractère moteur plus affirmé, puisque le couple grimpe à 569 Nm à 4 600 tours, et la puissance à 432 chevaux, au même régime de 5
900 tr/mn. Du coup, la conduite se fait naturellement plus virile, ne serait-ce que pour maîtriser dans les virages ce gros pavé de 1 800 kilos qui n’a certes pas la grâce et l’agilité d’une
ballerine.
Pour
autant, la Camaro n’a pas grand-chose à envier aux meilleures sportives européennes, grâce à ses suspensions indépendantes aux quatre roues et à ses freins Brembo de gros diamètre. En revanche,
il ne faut pas oublier de ressortir de la nathtaline le manuel du talon/pointe qui va bien sous peine de s’exposer à d’intempestifs et désagréables blocages des roues arrière lors des gros
freinages avec descentes de rapports à la chaîne. Oui, parce cette ricaine est une propulsion pur jus. Une vraie, comme on aime. A condition de savoir lui parler…
Côté
perfs, ce coupé boîte méca grappille quelques petits dixièmes (5,2 secondes pour un 0 à 100) qui paraissent peu, mais changent quand même sensiblement la personnalité de cette Camaro, au
caractère nettement plus affirmé dans cette exécution. La vitesse maxi, elle, reste cantonnée aux 250 km/h réglementaires, largement suffisants pour faire sauter ses douze points d’un seul coup.
La consommation de benzine est officiellement supérieure d’un petit litre (14,1 l/100), mais tutoie en réalité les 20 litres et plus si on se laisse un peu aller. Mais c’est si bon…
Passons rapidement sur les choses qui fâchent un peu, mais c’est le prix à payer pour jouir d’un gros V8 jouissif : les émissions de CO2, qui frôlent la provocation (304 grammes avec
la boîte auto, 329 avec la boîte méca) et qui vous vaudront la peine maximale : 2 600 € de malus. M’enfin quoi, vous en connaissez beaucoup, vous, des V8 de plus de 400 chevaux à ces prix là
(39 000 € dans le cas du coupé à boîte manuelle) ? Nous, pas. C’est bien simple : aucune ! Alors, certes, ce sont des tarifs sensiblement plus élevés qu’aux States. Mais il faut
tenir des frais d’homologation pour l’Europe, et d’acheminement.
Et
tenir compte du niveau d’équipement, bien plus étoffé que là-bas, hormis la climatisation qui est simplement manuelle. Citons pêle-mêle la sellerie cuir, des sièges chauffants, l’affichage tête
haute de la vitesse, des radars de stationnement avec caméra de recul (dont l’image est diffusée dans une petite fenêtre… dans le rétroviseur !), un système audio haut de gamme (Boston
Acoustics) avec prises auxiliaires et fonction Bluetooth. Et même un ESP, bien sûr obligatoire, mais déconnectable !
Fiche
technique
La gamme, les tarifs :
Oubliez
la précédente Aveo. Sa remplaçante n’a absolument plus rien à voir avec elle, à se demander si ce modèle n’a pas sauté deux ou trois générations d’un coup. Cette coréenne battant pavillon
américain est tout à fait au goût du jour, sa jolie gueule en témoigne, et semble dès lors en mesure d’enquiquiner les ténors de la catégorie. Une certaine Opel Corsa, entre autres, qui reçoit
les mêmes moteurs essence. Les seuls proposés à cette heure, en attendant les diesels.
L’Américain ne s’en cache pas, il entend bien devenir un acteur majeur sur ce marché, et lance donc une voiture (toujours dotée
donc de la « double nationalité » américano-coréenne, pour reprendre un thème à la mode en ce moment) censée répondre à cette noble ambition. En sortant le grand jeu, comme en témoigne
le style de la nouvelle Aveo, à la fois moderne et agressif. Chevrolet s’est manifestement attaché les services de designers talentueux, qui ont multiplié à l’envi arrêtes saillantes et angles
vifs.
Les optiques en forme
de cercle, tant à l’avant qu’à l’arrière, font le reste, pour ne pas dire l’essentiel, en notant, au passage, que les doubles phares avant, montés sur des fûts, font explicitement référence au
monde de la moto. Le tout additionné, avec des passages de roues très marqués, donne une forte personnalité à cette petite auto, éminemment sympathique dès les premier regard tant elle tranche
sur le tout-venant de l’espèce. Dit autrement, l’Aveo ne se fond pas dans le paysage comme l’immense majorité de ses semblables, le petit zeste de «sportivité» dont elle fait preuve aidant. Pour
se faire remarquer dans une catégorie aussi disputée, il n’y a pas meilleure entrée en matière. En prime, cette allure un rien dévergondée annonce la couleur.
La direction, qu’on
n’espérait pas aussi directe, guide l’ensemble avec toute la précision requise, en en rajoutant même un petite louche pour faire bonne mesure. Chevrolet, profitant sans doute de son expérience en
championnat du monde des voitures de tourisme où la marque domine depuis un an et demi, nous a gâtés. En d’autres termes, l’Aveo est une citadine polyvalente très dynamique, et ce faisant,
plaisante à mener. Les mouvements de caisse latéraux, jugulés dans les règles, ne viennent pas gâcher ledit plaisir, bien réel.
Les moteurs ramènent
sur terre. Pour l’heure, sont proposées trois motorisations essence, en attendant les diesels programmés à la rentrée. Il s’agit des deux variantes d’un même quatre-cylindres 1.2, respectivement
70 et 86 ch, accompagnées d’un quatre-cylindres 1.4 de 100 ch. Ces mécaniques, valeureuses dans l’absolu, ont tout de même fort à faire sous le capot de l’Aveo, pourtant pas trop lourde - un peu
plus d’une tonne - au regard de ses dimensions, soit 4,04 m en longueur (s’agissant de la version bicorps à hayon, la tricorps atteignant 4,40 m).
Le coffre de la
version à hayon, lui, se tient dans la moyenne de la catégorie, en offrant une capacité de chargement de 290 litres (502 litres pour la Sedan). Formes régulières de rigueur.
Fiche
technique
La
gamme
Aveo 4
portes

Sans partir d’une feuille blanche – la nouvelle Focus repose en grande partie sur la plate-forme de sa devancière -, Ford a en effet largement revu sa
copie. Toutes les faiblesses qui faisaient polémique ont été corrigées, à commencer par les menus soucis de finition. En clair, cette troisième génération paraît plus cossue que les précédentes,
et de loin, même si quelques plastiques un peu grossiers demeurent visibles ici et là. Mais pour l’essentiel, les matériaux choisis témoignent d’un traitement « classieux », ou orienté « premium
» pour rester dans la terminologie de la profession, comme cela se pratique désormais dans la catégorie. Témoin, la planche de bord habillée d’une belle matière moussée très agréable à l’œil. Le
tout est assemblé dans les règles de l’art, et c’est là le progrès le plus important.
D’un autre côté, le design de ce mobilier peut donner matière à discussion, avec son côté « goldorak ». L’imposante console centrale toute en angles aigus frise le kitch
typé années 80 ... On s’en moque un peu, notez bien, car, après analyse, l’organisation des commandes se révèle tout simplement remarquable. Chaque bouton et autre touche sont placés bien
évidence aux endroits évidents. D’où un usage fluide et instinctif, sans passer par la case «
Confortable, qui plus est. Ford a, de fait, soigné le propos. Oubliées, en premier lieu, les nuisances sonores de toute origine qui pénalisaient jusqu’alors la Focus. Les
bruits de roulement et d’air sont à peine audibles, et le moteur joue sa partition en sourdine. Y compris le diesel. Les habitués de la Focus apprécieront le geste. Et l’excellent travail de
filtration de la suspension, qui éponge les aspérités de la route avec efficacité sans pour autant isoler les occupants de la voiture de leur environnement. Ladite route se laisse deviner, et
c’est tant mieux car un zeste bien dosé de « feedback » ne fait jamais de mal.
Du coup, quid des qualités routières qui ont fait la réputation de la Focus ? Elles ne se sont pas évaporées, rassurez-vous. Plus prévenante qu’auparavant, la suspension
ne s’est pas ramollie dans le même mouvement et fait toujours preuve d’une extrême rigueur. Dans la maîtrise des mouvements caisse, en particulier. La Focus ne rebondit jamais sur les bosses et
nous n’irons pas jusqu’à dire qu’elle vire à plat, mais c’est dans l’idée. La 308, référence du genre, a fait école, apparemment… Un compliment. La Focus se montre d’ailleurs tout aussi réactive
que la française par la grâce d’un train avant incisif, lui même guidé par une direction en parfait accord. Electriquement assistée – c’est nouveau : la précédente Focus bénéficiait d’une
assistance electro-hydraulique -, mais calibrée aux petits oignons, dénuée de lourdeur en son point milieu et, au final, informative. Une réussite, dans le genre. Autant dire qu’on ne s’ennuie
guère au volant de cette compacte, même si la vivacité de la première génération n’est plus qu’un lointain souvenir.

















Ford, malgré une conjoncture pour le moins difficile, a su
parfaitement honorer une longue tradition de sportives « à l’européenne », initiée en 1968 à Boreham, en Angleterre, avec la première Escort RS (après les premiers brouillons, réussis, avec des
Cortina ensorcelées par Lotus), et poursuivie plus tard en Allemagne, à Cologne. Impossible de les lister toutes. Elles sont vingt-deux, en trente-huit ans, a avoir défendu le label Rally-Sport.
Rappelons-en quand même quelques unes, parms plus récentes : Sierra (propulsion et quatre roues motrices) et Escort Cosworth (transmission intégrale), Focus RS (première génération), Focus ST,
dont la petite nouvelle est étroitement dérivée.
Mais avec la nouvelle RS, c’est une autre chanson, et un autre
challenge. La ST affichait 225 chevaux et 320 Nm de couple ? La RS annonce 305 chevaux, et 440 Nm, disponibles dès 2300 tr/mn. Quatre-vingt bourrins de plus. Sur les seules roues avant ! Un
Record digne du Guiness book… De quoi donner froid dans le dos, à priori.
Pour autant, l’auto n’a pas été conçue au rabais. Train avant à pivot
découplé qui permet de réduire les effets de couple et de définir indépendamment un carrossage négatif favorable à la motricité, pont autobloquant pour passer le couple surabondant, grosses roues
de 19 pouces chaussées de Conti SportContact 3 spécifiques, boîte six rapports, gros aileron en haut du hayon, qui ne doit rien à du tuning gratruit, mais contribue à asseoir l’auto à grande
vitesse.
Pour le reste, tout est signé Fiat. Les deux moteurs, essence et
diesel, la transmission qui va avec, la suspension, l’agencement intérieur, la planche de bord, pour aller à l’essentiel. De la bonne marchandise, au demeurant, à l’image du tonique
quatre-cylindres 1.2 de 69 ch, volontaire dans l’effort et dans ses montées en régime – un rien sonores, entre parenthèses… Les vitesses légales sont rapidement atteintes et les relances
exécutées au clairon sur les rapports intermédiaires, la juste mesure pour s’aventurer sur autoroutes et voies rapides en confiance.
La gamme
