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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 11:23

McLaren, c’est bien sûr la formule1. Ce fut aussi une supercar superchère, la F1, qui marqua les esprits dans les années 90 tout en restant sans suite. Jusqu’à aujourd’hui. Le spécialiste britannique se convertit en effet à la « grande » série, en sortant de sa pochette surprise la MP4-12C. Une concurrente de la Ferrari 458, vendue à des prix moindres. L’histoire mérite d’être narrée.

 

4AV

 

Ce n’est pas tous les jours que l’on fête la naissance d’un nouveau constructeur européen. Le fait est, en soi, un événement majeur, qui prend encore plus d’ampleur quand on sait qui se tient derrière les manettes. Un grand nom de l’histoire automobile, côté circuits, puisqu’il s’agit de McLaren. Ni plus ni moins.

On ne fait plus les présentations : une écurie de F1 créée au milieu des années 60 par le Neo-Zélandais Bruce McLaren, puis menée de main de maître par un personnage haut en couleur, l’Anglais Ron Dennis, un palmarès prestigieux - huit titres constructeurs, douze titres pilotes, excusez du peu -, des voitures de course sorties de cerveaux géniaux… On connaît tout ça par cœur.

 

MP4-12Cgroupe

McLaren s’en est longtemps tenu à cette saine activité sans manifester l’intention de faire autre chose d’autre. D’aucuns argueront que le spécialiste anglais a bel et bien commercialisé une voiture de route, baptisée F1, création du génial et fantasque Gordon Murray, qui y mit tout son talent, tout son savoir-faire, avec à la clef une vision de la supercar sans le moindre compromis, surtout financier. Mais ce n’est pas la production d’un seul modèle, qui plus est à quelques dizaines d’unités seulement, qui aura fait de McLaren un constructeur à part entière. Au demeurant, cette formidable supercar resta sans descendance. Née en 1993, la McLaren F1 disparaît cinq ans plus tard et laisse 107 exemplaires à la postérité, dont 72 homologués pour la route. Et, last but not least, une victoire aux 24 Heures du Mans en 1995.

 

McLarenF1groupe

Pour rappel, ce concentré de génie automobile était animé par un V12 6.1 d’origine BMW libérant 627 ch et un couple de 651 Nm. Pour un poids total limité à 1 140 kg, un véritable exploit, aujourd’hui encore inégalé. Sa particularité, unique au monde : trois places de front, le pilote étant en position centrale avancée par rapport à ses deux passagers, courageux et probablement inconscients ! Pas besoin de faire un dessin, la McLaren F1 fit à l’époque son petit effet avant de rejoindre les plus hautes marches du Panthéon automobile moderne. Son prix dépassait à l’époque les 6 millions de francs – l’équivalent de 400 000 euros, brutalement transposés, mais en fait beaucoup plus en monnaie d’aujourd’hui  - et inutile de vous dire qu’il vous faudrait gagner l’Euromillion si vous vouliez en acquérir aujourd’hui un exemplaire. Si d’aventure il y en a un de disponible. Rowan Atkinson, alias Mr Bean, eut, lui, les moyens de s’en offrir un… Avant de le pulvériser piteusement.

 

McLaren-usineSLR

La parenthèse fermée, McLaren se recentra sur la compétition. Et laissa couler quelques hectolitres de gazoline sous les ponts avant de remettre le couvert. D’abord en collaboration étroite avec Mercedes, longtemps le fidèle partenaire de McLaren en Formule 1, avec la SLR, lancée en 2003. Une ligne magique à couper le souffle, une mécanique de haut vol made in Stuttgart, un châssis made in Woking, comme en F1 : tout pour plaire ! Sauf que ce fut le mariage de la carpe et du lapin. Chacun voulait mener le développement de la voiture à sa façon, aucun ne voulait céder à l’autre. Résultat : la SLR restera une supercar inaboutie, victime de la brouille de ses parents en désamour, et le divorce fut rapidement prononcé. A la fin des années 2000, Mercedes se séparait d’un partenaire devenu encombrant, et McLaren était rendu à sa liberté…

 

MP4-12C-usine

Alors aujourd’hui, pour McLaren, l’idée n’est plus de produire une de ces supercars hyperboliques à des tarifs stratosphériques, mais de se lancer dans la « grande série ». Toute proportion gardée, car il est ici question de voitures de sport de haute volée, Ferrari et Lamborghini étant les cibles désignées.

Bref, on change de registre, McLaren passe de l’artisanat au statut de constructeur en bonne et due forme. Nous l’avons dit, c’est un événement qu’il convient de saluer à sa juste mesure. Pour information, la filiale du McLaren Group chargée de l’affaire s’appelle McLaren Automotive, et elle a bien sûr droit à sa propre usine, en construction depuis mars dernier sur le site historique de Woking, en Grande-Bretagne. De cette usine, devraient sortir 4 000 voitures par an à l’horizon 2015. Ce chiffre laisse à penser, entre parenthèses, qu’il y aura à moyen terme une « vraie » gamme articulée autour de plusieurs modèles. Supposition confirmée de vive voix par un représentant de la marque. Vaste programme, donc : on l’aura compris, McLaren n’est pas là pour faire de la figuration. Message reçu 5 sur 5.

 

MP4-12Cprofil2

Encore faut-il débarquer avec une voiture à la hauteur de l’enjeu. Il semble que cela soit le cas quand on découvre, de visu, la MP4-12C. Premièrement, la couleur - orange, pour rappeler les origines « kiwi » de la marque, mais d’un moderne métallisé - est annoncée sans en remettre une couche sur le côté tape-à-l’oeil, le péché mignon, assez répandu, de ce genre automobile. On sait à qui l’on a affaire – les ouïes latérales comme l’aileron arrière, qui dans les faits sert d’aérofrein, ne laissent planer aucun doute quant à la vocation de la McLaren -, mais l’ensemble reste fluide, avec notamment une partie avant polie comme un galet. Le constructeur le dit lui-même, la fonction – comprenez, l’aérodynamisme – prime sur la création artistique, et le résultat s’avère très réussi.

 

MP4-12C-ARportes

Autre remarque, la MP4-12C a comme un vague air de famille avec la F1 d’antan : l’identité visuelle de McLaren était, de fait, toute trouvée. Pas besoin d’aller chercher plus loin. Pour en terminer avec la lecture de la carte de visite, retenez que la MP4-12C atteint 4,51 m en longueur, 1,91 m en largeur et 1,20 m en hauteur. A peu de choses près les mensurations de la Ferrari 458 Italia… Une coïncidence, sûrement.

 

MP4-12C&chassis

Pour le ramage, McLaren fait très fort. Le châssis monocoque est, en premier lieu, composé intégralement et exclusivement en fibres de carbone. Jusqu’aux passages de roues, c’est dire. Le matériau idéal  - d’ailleurs c’est McLaren qui introduisit pour la première fois en F1 une coque en carbone, dans les années 80 - pour assurer une rigidité au-dessus de tout soupçon tout en réduisant le poids total de manière significative. McLaren donne, à ce sujet, moins de 1 300 kg, sans plus de précisions. Conclusion, la MP4-12C est plus légère que la Ferrari 458 – 1 380 kg dans son cas - laquelle concourt pourtant dans la catégorie « poids-plume ». C’est déjà beaucoup, mais ce n’est rien comparé à ce qui suit.

 

MP4-12Caction3

Petite révolution dans le landernau, la McLaren se passe de barres antiroulis pour faire appel à un système d’amortisseurs gérés séparément par l’électronique, et connectés entre eux via un dispositif hydraulique. L’article, dit proactif, autorise trois lois d’amortissement – normal, sport et piste – auxquelles s’ajoutent quatre modes de « commande de stabilité », selon la propre expression du constructeur, baptisés « hiver, normal, sport et piste ». Tout ça pour dire que, toujours d’après McLaren, la MP4-12C offre à la fois le confort d’une berline allemande en conduite courante (une… Mercedes ?) et la précision diabolique d’une voiture taillée pour sillonner les circuits. Il nous tarde de voir ce que cette propulsion donne volant en mains…

 

MP4-12Cmoteur

Surtout avec le petit bijou qui se tient placé en position centrale arrière. Une mécanique maison, il convient de préciser. Preuve, s’il en est, que McLaren n’entend plus rien devoir à personne, comme tout constructeur indépendant qui se respecte. Pour le présenter, le moteur en question est un V8 3.8 suralimenté par deux turbos. Le V s’ouvre à 90°, le vilebrequin est plat et le carter sec, pour ne retenir que l’essentiel. Le tout libère 600 ch à 7 000 tr/mn – 30 de plus que le Ferrari 458 – et 600 Nm de couple entre 3 000 et 8 500 tr/mn.

 

MP4-12Cintérieur

Partant de ces données, on sait à quoi s’attendre, soit moins de 5 secondes pour passer de 0 à 200 km/h et une vitesse maximale supérieure à 320 km/h – le dossier de presse ne donne pas les chiffres exacts. Ce torrent de puissance et de couple est transmis aux seules roues arrière par une boîte robotisée à sept rapports et double embrayage, et le tout est arrêté par un système de freinage recourant à des disques en fonte d’acier... seulement ! Les freins en carbone, eux, sont optionnels.

 

MP4-12Cexpo

Voilà pour les faits – encore n’avons-nous pas parler de l’intérieur… - en attendant les premiers essais. Qui ne devraient pas tarder, puisque la commercialisation est annoncée à la fin du mois de mars. A des prix qui laissent rêveur. Dans le bon sens, pour le coup. Celui de la mesure, le futur client échappant au coup de bambou qu’un tel contenu technologique pouvait laisser craindre. Tenez-vous bien, la MP4-12C sera vendue entre 155 000 et 175 000 euros hors taxes, des prix qui devraient la rendre, chez nous, moins chère que la Ferrari 458 avec lesdites taxes. C’est sûr, on ne va pas aimer du côté de Maranello… McLaren prévoit de produire sa première voiture de série à raison de 1 000 unités par an. A cette heure, 2 800 petits veinards sont d’ores et déjà sur les rangs.

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Published by Jean-Michel Cravy - dans Exception
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Clovis Simard 01/08/2012 19:11

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