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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 14:33


Sans concurrence, point de salut… Ce credo, personne n’est obligé de le partager, mais il faut reconnaître que dans le monde de l’automobile, il a une certaine pertinence.

Regardez la Smart, qui évolue seule sur sa planète depuis onze ans sans changer de formule. La voilà en très fâcheuse posture depuis que Toyota a jeté dans son pré-carré un redoutable prédateur baptisé iQ, autrement plus abouti.
Une citadine de la meilleure espèce qui peut, à l’occasion, s’aventurer loin des centres-villes. Elle…

Par Jean Bourquin


Souvenir de Smart : l’aventure, c’est l’aventure…


Avez-vous, un jour, emprunté l’autoroute au volant d’une Smart ? Si tel n’est pas le cas, l’expérience mérite d’être tentée… Juste pour voir. Bien sûr, vous arriverez à bon port, non sans avoir traversé de longs et angoissants moments de solitude. A l’heure de doubler un camion, par exemple, quand le frêle esquif sera violemment secoué par le courant d’air que produisent ces mastodontes à ces instants-là. Et, cela ne manque jamais, surgira alors dans votre rétroviseur une grosse Audi dont la méchante calandre vous demandera aimablement de dégager le passage. Fissa !

L’impression de débarquer en territoire hostile, sans même parler des dommages que vous ferez subir à vos reins et à vos tympans. Bref, vous vous demanderez ce que vous faites là, à bord d’une auto qui n’a pas sa place en cet endroit. Même remarque sur les petites routes de campagne, celles qui tournent du moins. Là encore, vous ne finirez pas dans le décor, mais l’instabilité et la vivacité de cette petite chose ne vous inviteront guère à contempler le paysage. En prime, il vous faudra composer avec une direction taillée dans des métaux lourds et un freinage un rien fantasque. On peut s’en amuser… Une dizaine de minutes, pas plus.

N’en jetez plus. On le sait depuis le début de cette aventure industrielle unique en son genre, la Smart impose par essence un usage limité aux seules zones urbaines. Partant de ce constat, son succès commercial, qui n’avait rien d’évident il y a dix ans, n’en est que plus méritoire. Cette « bizarrerie » automobile, il est vrai, répond à une attente, aux besoins d’une clientèle en quête d’un véhicule qui sillonne la ville en réduisant tant que faire se peut les contingences liées à l’exercice. Le côté « mode » et « écologiquement correct » de l’objet faisant le reste. Surtout, la Smart n’avait pas, jusqu’à aujourd’hui, de concurrentes. Les grands manufacturiers se sont en effet bien gardés de suivre Mercedes, propriétaire de la marque, sur ce terrain, à leurs yeux trop glissant. Sauf un : Toyota, pour le nommer.

Le constructeur japonais n’a pas répété les mêmes erreurs


Toyota avait dès lors tout le temps de mettre au point une micro-citadine de son cru, en évitant de répéter les erreurs de la Smart. Tout est dans la morphologie de la voiture. En premier lieu, l’iQ – prononcer « aillequiou » - est plus longue que la Smart et repose sur un empattement plus étendu. De même, ses voies sont plus larges, dans des proportions sans commune mesure, et pour finir, sa hauteur est moins élevée. L’addition donne une petite auto bien posée sur ses roues, profitant d’un centre de gravité dans la norme et, par ailleurs, solidement maintenue au sol par un essieu de torsion à l’arrière.

Stable, en un mot, et rassurante dès que l’on s’aventure sur l’autoroute à son volant. L’iQ file droit à 130 km/h, tient son cap dans les grandes courbes et ne donne pas l’impression de s’envoler au moindre coup de vent. Oubliés les camions démoniaques et autres féroces Audi, c’est l’esprit tranquille que vous parcourerez l’autoroute qui mène à votre destination du week-end. Et si vous ne suivrez pas l’Audi en question une fois qu’elle vous aura doublé, au moins vous vous ne serez pas fait rouler dessus, en maintenant une allure appropriée aux circonstances.


Le fait est, tracter 845 kg – à vide – ne constitue pas un effort surhumain pour ce petit trois-cylindres 1.0 bourré de bonne volonté. Ses tonitruantes, et bruyantes, montées en régime en témoignent. En clair, les 68 ch ont du souffle, y compris dans les relances, et donnent à l’iQ toute l’énergie nécessaire pour s’inscrire dans la circulation courante sans se transformer en chicane mobile. On ne leur demande rien d’autre. La boîte de vitesses tire un peu long sur le cinquième rapport – logique… -, mais, et c’est à mettre à l’actif de la Toyota, sa commande est rapide et parfaitement guidée. Ceci pardonnant cela…

La ville : son domaine de prédilection

Enfin, une fois quitté l’autoroute, vous voilà sur la départementale sinueuse qui mène au gîte loué entre potes, et restez toujours aussi « zen ». Et pour cause, la voiture là encore vous rassure en se montrant bien guidée et en ne donnant pas l’impression de chercher sa route. Un peu vive, certes, mais c’est la loi du genre quand l’empattement atteint tout juste 2 m.


La direction électriquement assistée n’est pas centrée dans les règles de l’art, loin s’en faut, un simple désagrément plus qu’autre chose. Et puis, vous ne subissez pas la route, grâce à l’excellent travail de filtration de la suspension. Les percussions se font rares, et le confort de marche s’avère de bonne facture. Le coup de grâce pour la Smart, qui pêche « grave » de ce côté-là. Bon week-end.


Et elle donne quoi en ville, l’iQ ? Après tout, elle est faite pour ça. Rien de particulier, sachant que, comme attendu au regard de ses mensurations, l’auto autorise toutes sortes de manœuvres plus ou moins orthodoxes. Toyota, au demeurant, n’entendait laisser aucune miette à la Smart : le diamètre de braquage de l’iQ se limite à 7,8 m, contre 8,7 m pour celui de sa rivale.

Un aménagement particulièrement astucieux


La curée ne s’arrête pas là, car, contrairement à la Smart, la japonaise peut embarquer quatre personnes. Trois et demi, plus exactement… La place située derrière le conducteur est en effet sacrifiée si ce dernier a le malheur de mesurer plus de 1,75 m, le siège venant se coller à la banquette. S’il s’agit, en revanche, d’une personne de petite taille, l’espace libéré peut accueillir un enfant en bas âge, et c’est toujours ça de gagné. Côté droit, dans tous les cas, Toyota a fait preuve d’intelligence.

Primo, le réservoir se transforme en crèpe – 12 cm d’épaisseur, pas plus – et migre sous les sièges avant. Secundo, la planche de bord est asymétrique, nettement moins large face au passager et dépourvue de boîte à gants, remplacée par une pochette détachable. Tertio, le siège passager peut dès lors coulisser sur une forte amplitude, et ainsi dégager un espace très supportable pour les jambes du passager arrière, sans envoyer la personne placée juste devant chez l’osthéopathe. Il suffisait d’y penser.



En configuration quatre places, le coffre se réduit, fort logiquement, à presque rien, mais il suffit de poser le dossier fractionnable en deux parties égales sur l’assise pour libérer une capacité de chargement de 238 dm3 – deux sacs de voyage souples, en gros. Et une surface totalement plate, c’est à noter.

En ce qui concerne la qualité de fabrication, tous les plastiques sont rigides sans pour autant paraître bas de gamme. Assemblage sérieux : c’est signé Toyota…

C’est cher, tout ça ? C’est cher. Compter de 1 000 à 4 000 € d’écart, selon les finitions, avec la Toyota Aygo trois portes équipée du même moteur. Etant précisé qu’il est difficile de comparer, car l’iQ offre un équipement bien plus riche, qu’il serait fastidieux de détailler ici. Cela posé, et si vous êtes propriétaire d’une Smart, réfléchissez un peu. L’iQ vous fera économiser le prix d’un taxi, d’un billet de train et de la location d’une voiture à chaque fois que vous devrez quitter la ville pour découvrir la riante campagne française. A méditer.

J. B.


La gamme
Essence
- iQ 68 VVT-i : 3 cyl. 1.0 ; 68 ch ; BVM 5 ; 150 km/h ; 4,3 l/100 km ; 99 g/km. Prix : 12 980 ou 14 150 €. Bonus : 1 000 €.
- iQ 68 VVT-i Multidrive. Idem, sauf : boîte CVT ; 4,7 l/100 km ; 110 g/km. Prix : 14 080 ou 15 250 €. Bonus : 700 €.
Diesel
- iQ 90 D-4D : 4 cyl. 1.4 ; 90 ch ; BVM 6 ; 170 km/h ; 4 l/100 km ; 104 g/km. 15 180 ou 16 350 €. Bonus : 700 €.

Fiche technique
Toyota iQ 68 VVT-i
Longueur x largeur x hauteur : 2,99  x 1,68 x 1,50 m
Empattement : 2 m
Moteur : 3 cyl. essence, 998 cm3
Puissance : 68 ch à 6 000 tr/mn
Couple : 91 Nm à 4 800 tr/mn
Boîte : mécanique à 5 rapports
Transmission : aux roues avant
Direction : assistance électrique
Réservoir : 32 l
Poids : 845 kg
Coffre : 32 ou 238 dm3
Vitesse maxi : 150 km/h
0 à 100 km/h : 14,7 sec
Conso urbaine/extra-urbaine : 4,9/3,9 l/100 km
Conso mixte : 4,3 l/100 km
Rejets de CO2 : 99 g/km

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Published by Jean-Michel Cravy - dans Essais japonaises
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