Ford a dévoilé a Detroit sa nouvelle Fusion, l’appellation désignant la
familiale de sa gamme américaine. L’équivalent jusqu’ici de la Mondeo chez nous, mais sous une forme spécifique. C’est fini. Fusion américaine et Mondeo du reste du monde ne feront plus qu’une
seule et même voiture.
Par Jean Bourquin
Jusqu’à un passé récent, et durant plusieurs décennies, Ford a toujours développé, à
l’échelle de la planète, deux gammes bien distinctes l’une de l’autre. L’américaine, d’un côté, et celle destinée au reste du monde, de l’autre. L’européenne, dans le second cas, pour faire
court. C’est terminé. Ford étend désormais le concept de la « voiture mondiale » à l’Amérique du Nord, comme en témoigne la commercialisation, outre-Antlatique, des Fiesta et Focus « made in
Europe », sans oublier les variantes écolo du C-Max. Et le prochain Kuga aura les mêmes tronches et constitutions de deux côtés de l’océan, sous deux appellations différentes toutefois – ce sera
Escape chez les Américains. Nous reparlerons de cet engin sous peu, sachant qu’on devrait le découvrir au salon de Genève en mars prochain.

Le processus d’uniformisation mondiale de la gamme Ford est donc déjà bien avancé,
mais il a quand même ses limites. Certaines Ford typiquement US, les énormes pick-ups et autres 4x4, quelques monospaces a fort goût d’Amérique aussi, ne prendront pas le chemin inverse et
resteront donc sagement chez eux. Juste comme ça, pour le plaisir de signaler son existence, le 4x4 Expedition est animé par un V8 5.4 de 314 ch… Inutile de faire un dessin, l’engin n’a pas
vraiment sa place dans un pays où le litre de sans-plomb 95 est tarifé 1,60 €. Encore que dans la gamme américaine de Ford, il y a une certaine Mustang qu’on aimerait bien voir importée
officiellement. Elle…

La parenthèse fermée, Ford a dévoilé à Detroit la nouvelle Fusion, laquelle remplace
une berline familiale, selon nos critères européens, du même nom jusqu’à présent réservée au seul marché nord-américain. L’équivalent de notre Mondeo par la taille – 4,78 m en l’occurrence -,
mais profitant d’une plate-forme et d’un style qui lui étaient spécifiques. Sans oublier les motorisations, avec dans le lot les inévitables V6. Cette époque est révolue. Ford applique dorénavant
à la Fusion sa politique de la « voiture mondiale », en commençant par lui refiler la plate-forme de l’actuelle Mondeo, pour l’occasion largement revue et corrigée. Partant de ce principe, c’est
bel et bien la prochaine Mondeo que vous découvrez ici en photos. L’auto commercialisée en nos contrées gardera en effet cette appellation, qui nous est familière.

Par rapport à la Mondeo en cours, l’empattement reste le même, étant rappelé qu’il
s’étend sur 2,85 m. En revanche et dans son ensemble, l’auto s’allonge de 9 cm, en grande partie au profit du porte-à-faux arrière, histoire d’accroître la capacité de chargement du coffre –
au-delà de 550 dm3, dit-on, contre 540 pour l’actuelle Mondeo cinq-portes. Compter 4,87 m au total pour la nouvelle génération, une valeur qui porte la familiale siglée Ford à hauteur des grandes
routières. Après vérification, la Mercedes Classe E affiche la même taille, pile poil ! Et pour en finir avec la comparaison avec la Mondeo toujours en activité, il faut bien reconnaître qu’il y
a comme un vague air de famille entre la Fusion et cette dernière, surtout vue de trois-quarts arrière.

Un vague air, seulement. Car pour ce qui est du look, Ford a tiré un trait sur son
style Kinetic en vogue depuis quelques années déjà pour en revenir à un dessin moins ampoulé. A la fois plus simple et plus incisif, avec en point d’orgue une calandre en forme de trapèze inversé
qui n’est pas sans rappeler la signature visuelle d’Aston Martin. Il y a pire référence. La chose, pour rappel, a été étrennée par le concept-car Evos vu au dernier salon de Francfort – voir nos
archives -, et on se doutait bien qu’on la reverrait un jour sur un modèle de série. Il n’a pas fallu attendre longtemps. Cette calandre est encadrée par des optiques acérées, qui intégrent les
inévitables feux de jour à LED, de fines lignes saillantes strient le capot, une arête surligne la ceinture de caisse, le toit se termine en pente douce à la manière d’un coupé et la poupe est
tronquée, comme coupée nette. Voilà, ma foi, une bien jolie carte de visite, avec à la clef une familiale à la fois racée et élégante, élancée et dynamique aussi, qu’il nous tarde de découvrir de
visu, pour tout dire. Les Mondeo d’antan, agréables à regarder en leur temps mais sans saveur particulière, y compris l’actuelle génération, ne sont plus qu’un lointain
souvenir.

Aux Etats-Unis, la Fusion débutera sa carrière avec des moteurs essence conçus sur le
modèle européen. En gros, il n’y a que des quatre-cylindres, les V6 étant sacrifiés sur l’autel de la voiture mondiale, et le premier de la liste est un 1.6 recourant à l’injection directe,
atmosphérique ou turbocompressé au choix. Dans son communiqué, Ford ne précise pas les puissances proposées, mais nos confrères de l’Auto-Journal, de leur côté, donnent une fourchette
allant de 125 à 180 ch. Transmission automatique et système stop/start figurent au programme. La gamme est chapeautée par un 2.0 Turbo fort de 240 ch. Une motorisation hybride sera également de
la partie d’entrée de jeu, suivie un peu plus tard par une hybride rechargeable.

Les mécaniques thermiques susmentionnées franchiront l’Atlantique, à n’en pas douter,
à voir comment Ford-France composera la gamme essence de la prochaine Mondeo. Côté diesel, la gamme actuelle devrait être reconduite plus ou moins telle quelle, du 1.6 TDCi de 115 ch au 2.2 TDCi
de 200 ch, après réduction des émissions de CO2 présumons-nous.
La Fusion sera commercialisée en Amérique-du-Nord au plus tard au début de l’été, et
la Mondeo foulera le sol européen dans un an, pas avant, dans le courant du premier trimestre 2013.
D’ici là, Autopanorama.info aura tout le loisir de revenir sur le sujet plus en
détails.

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